Les Montgommery

Les Talvas - Le Château de Vignats

 

 

En se référant à Frédéric Galleron et Arcisse de Caumont, on s’aperçoit que Vignats était anciennement une baronnie des Comtes Montgommery-Belleme. On en trouve trace pour la première fois à l’époque de Guillaume de Talvas, l’un des seigneurs qui fleurissaient sous le duc Robert, Père de Guillaume Le Conquérant vers 1030.

Une forteresse existait alors à Vignats. Celle-ci fut améliorée avec le fils de Talvas, Guillaume de Bellême. Elle est alors citée comme une des forteresses les mieux défendues appartenant aux Montgommery. Hélas, des querelles intervinrent entre les Talvas et le duc Robert Courte-Heuse. Le fils de Guillaume Le Conquérant assiega plusieurs fois les forteresses de son rival, mais la tentative contre Vignats ne fut pas, dit-on, heureuse et l’on vit l’armée de Normandie, avec son duc à sa tête, échouer devant ce château.

Lorsqu’Henri Beauclerc, roi d’Angleterre, succéda à son frère, il vengea cet affront en ravageant Vignats en 1118, mettant Robert Talvas aux fers et s’emparant de ses biens. Il les rendit ensuite au fils de Robert, Guillaume Ponthieu, qui sans doute désireux de faire pardonner les fautes de son père, éleva des monastères. Outre celui de Saint André de Gouffern, en 1130, il fonda, ou du moins restaura celui de Vignats. Le Monastère ainsi reconstruit s’intitula Sainte-Marguerite de Vignats.

En 1568, Gabriel de Lorges de Montgommery, chef des protestants, ayant appelé les Anglais à son secours, s’empara par ruse, de la ville de Falaise, brûla beaucoup de papiers des chartiers des églises, et dévasta les communautés. Dans la suite, il faut forcé de quitter Falaise, mais fut pris à Domfront le 27/05/1574, et expédié à Paris le 26/06/1574 où il eut la tête tranchée, soit pour avoir fait entrer les Anglais en France, soit par ressentiment de la reine régente, Catherine de Médicis, pour avoir été cause, quoique innocente, de la mort du roi Henri II (blessé mortellement à l’œil lors d’un tournoi).

 

 

Emplacement du Château et des fortifications

Blason de la famille De Montgommery

Portrait de Gabriel de Montgommery

Gabriel Comte de Montgommery

Gabriel descend d’une illustre famille installée en Écosse depuis la Conquête. Son grand-père Robert était revenu en France se mettre au service de Louis XI. 

Son père, Jacques, sieur de Lorges (1485-1562) était devenu seigneur de Ducey en épousant une dame du lieu, Claude de la Bouxière. Ce Jacques de Montgomery est entré dans l’histoire par la petite porte en blessant accidentellement François 1er au menton avec un tison enflammé (c’est pourquoi, selon la légende, le roi porta ensuite toujours la barbe)

Son père lui cède en 1557 la charge de capitaine de la garde écossaise auprès du roi Henri II de France, avec qui Gabriel de Montgommery a été élevé à la Cour, et duquel il reçoit des titres honorifiques.

Le 12 janvier 1550, il épouse Isabeau de la Touche, qui lui donnera dix enfants.

En 1559, la paix de Cateau-Cambresis signée entre Henri II et Philippe II d'Espagne va mettre fin aux guerres d'Italie et au conflit entre la France et les Habsbourg. Des alliances matrimoniales vont permettre de maintenir la paix en Europe. Le duc de Savoie va épouser Marguerite (sœur d'Henri II) et Philippe II d'Espagne va prendre pour épouse Elisabeth, sa fille. Ce double mariage doit être célébré en grande pompe en juin.

Le 30 juin, un tournoi est organisé dans la capitale, aux Tournelles. Henri II porte les couleurs de sa maîtresse officielle, Diane de Poitiers, assise à côté de la reine. Il joute avec succès contre son futur beau-frère Emmanuel-Philippe de Savoie et le duc de Guise. La dernière à laquelle il réclame une passe contre son capitaine des gardes écossaise Montgommery, malgré les réticences de la Reine, tourne au tragique. La lance de Gabriel de Montgommery se brise sur le roi. Le roi vacille et tombe de son cheval. Le connétable de Montmorency et le maréchal de Tavannes se précipitent. La visière du casque est entrouverte. Plusieurs éclats de bois provenant de lance de Montgommery ont atteint le visage du roi. Henri II va mourir quelques jours plus tard, après avoir dit de Montgommery n'était nullement fautif de ce malheur.

Pour crainte d'une sanction, Montgommery, retiré à Ducey, s'exile avant la mort du souverain, d'abord à Jersey, puis à Venise et enfin à Londres (Angleterre) en 1560, où il se convertit au protestantisme.

De retour en France en 1563, Gabriel de Montgomery met son épée au service de Coligny qui lui confie un temps le gouvernement de la Basse-Normandie. Après la prise d’Amboise, Gabriel de Montgomery se retire à Ducey d’où il observe la suite des événements avant de regagner l’Angleterre… et de reprendre du service.

En avril 1573, on le voit devant La Rochelle dont il ne parvient pas à forcer le blocus. À la fin de la même année, il s’installe à Jersey. Les guerres de Religion (on en est à la cinquième) se rallument peu après et, en mars 1574, Montgomery débarque près de Gouville sur Mer à la tête de cinq mille hommes qui ravagent tout le Cotentin, mais qui ne réussissent pas à s’emparer de Cherbourg défendu par Maréchal de Matignon. Poursuivi par ce dernier, Montgomery se replie sur Saint Lô en laissant derrière lui ruines, cendres et carnages. Mais il ne reste pas longtemps dans la ville défendue par son gendre François de Bricqueville de Colombières, un autre grand chef protestant.

Il veut gagner Alençon que les Huguenots viennent de prendre. Malheureusement pour lui, Matignon le capture à Domfront et l’envoie à Paris où il est décapité en place de Grève le 26 juin 1574 sur les ordres de Catherine de Médicis. Ses fils, placés sous l’échafaud, furent aspergés de son sang. L’un d’eux, prénommé lui aussi Gabriel, devait vendre en 1621 la place de Pontorson à Louis XIII. 

Tournoi opposant Henri II Roi de France et Gabriel de Montgommery

Tournoi